Les années se suivent, et ne se ressemblent pas toujours. Elles nous vieillissent un peu plus , mais peuvent aussi nous rajeunir suivant le regard que nous portons sur ceux que nous aimons, sur ce qui nous anime au quotidien, sur ce qui nous entoure aussi...
Les expositions, les voyages, la vie dans la simplicité d'un quotidien... Je pense souvent au texte de P. Delerm, la première gorgée de bière...
Quelle chance de n'être sur aucun réseau social, sinon sur celui-ci qui est plutôt notre réseau "amical", crée et choisi. Aussi nous vous remercions pour vos retours toujours encourageants. Les idées de sorties ne manquent pas, vous avez pu vous en rendre compte et l'année 2025 n'a pas dérogé pas à cette règle...
Ne pouvant retenir le temps, essayons de profiter au mieux de celui qui nous est offert.
À la fin de chaque mois, j'ai souhaité faire un petit clin d'œil à l'un de mes professeurs d'Estienne, René Lamoureux, décédé il y a 30 ans. Comme certains professeurs le sont pour les mathématiques ou la géographie, lui l'était pour "l'imaginaire". Professeur de l'imaginaire : Je pense qu'il aurait apprécié. Il n'avait qu'un souhait : Ouvrir notre regard sur l'imaginaire. Stimuler notre imagination en regardant ce qui nous entoure... "Nouveau regard".....
J'ai toujours beaucoup aimé les arcs-en ciel, leur symbolique biblique et amicale, leur beauté dans la nature où pluie et soleil mêlés, l'après-orage, les sept couleurs se juxtaposent et légèrement se fondent en bordure...
Ce sera ma photo de l'année au-dessus d'un Paris orageux, ce 21 mars 2025.
....Janvier................................
Meudon, après la visite en plein hiver en 2024 de l'atelier de Jean Arp et de son épouse Sophie Taeuber, nous retrouvons Meudon en ce tout début d'année 2025, pour une nouvelle visite, celle de la demeure de Théo et Nelly Van Doesburg.
En effet, en 2024, en descendant cette côte abrupte et glissante, nous avions découvert un panneau "très 1930" signalant, "la maison Doesburg", sise de l'autre côté de la rue. Un grand cube blanc et jaune aperçu par-dessus un mur blanc...
Dessinée par Théo Doesburg, architecte et ami de Jean Arp et de Mondrian, cette maison fut achevée en 1930, mais Théo meurt prématurément avant la fin la construction et c'est sa femme, Nelly, artiste elle aussi, qui y demeurera seule jusqu'en 1975.
Rappelons que dans ce milieu artistique des années 30, les artistes aiment se rencontrer à la campagne (!), raison qui poussera les deux couples amis, Théo/Nelly et Jean/Sophie, à acheter, en proches voisins, un bout de terrain pour y construire leurs maisons.
Si l'on aime la sobriété des lignes et des volumes de cette architecture des années 30, préférant davantage le jeu des volumes intérieurs et extérieurs au véritable confort, on aura plaisir à écouter les explications attentionnées de la guide qui connait la maison dans ses moindres secrets et détails.
Cette maison appartient à la Hollande qui l'a transformée aujourd'hui en résidence d'artistes.
La maison Doesbourg reste l'une des maisons d'artistes les plus célèbres parmi les rares qui existent encore à Paris et en banlieue. (J'en évoquerai une autre un peu plus loin, celle de Lurçat.)
Elle ne se visite que les premiers samedis de chaque mois. Encore faut-il s'inscrire. La visite est gratuite... mais les touristes sont peu nombreux.
Pour la maison Doesburg. Je vous renvoie au site avec le lien suivant :
https://vandoesburghuis.com/fr/
..Nouveau regard..........................................


À gauche : Travaux à l'intérieur de la gare d'Austerlitz (2023)
À droite : Vitrail de l'abbaye de Conques (2019)
....Février................................
Changement d'air en ce début d'année... Goûter à celui du Sud avant de tester les courants d'air plus frais du Nord de l'Écosse vers la fin de l'année.
Complètement hors-saison, par temps splendide et montagnes enneigées de l'arrière-pays méditerranéen, notre immense hôtel de plus de 200 chambres accueille seulement quatre touristes ! Accueil attentionné, certes, mais quelle étrange sensation que ces immenses couloirs feutrés et silencieux !
À retenir trois lieux et trois musées d'exception :
Biot et le musée de Fernand Léger
Détail de la façade du musée.
Chance de découvrir son œuvre multiforme, des recherches cubistes aux grandes compositions colorées des années cinquante.
Nice et le musée Chagall
Moment exceptionnel lorsque l'on se trouve entouré des immenses toiles du Message Biblique. Vaste ensemble de peintures sur les thèmes bibliques, de la Genèse et de l'Exode. Le royaume de la couleur à l'état pur ! Ne pas oublier, non plus, le cycle du Cantique des Cantiques.
Chagall. Abraham et les trois anges.
Combien de photos n'ai-je pas pris pour immortaliser certains détails de toutes ces toiles si extraordinaires avec un "petit" faible pour Abraham et les trois anges. Une invitation à cette table pour une gourmandise de couleurs !
Antibes et le musée Picasso
Dernier des trois, et non des moindres, c'est dans le lieu exceptionnel du Château que l'on découvre un Picasso qui a pris ses quartiers ici à partir de 1946. Rien de moins pour le Maître. Toiles et céramiques témoignent de son enthousiasme jamais à court de créativité.
La joie de vivre. Pablo Picasso. 1946
Autre artiste, indissociable d'Antibes : Nicolas de Staël. La Ville a acquis les œuvres les plus importantes de sa dernière période. Contempler Le Concert, immense toile de 3m x 6m, assis sur un banc, les yeux fermés, je crois entendre la voix de la divine Kathleen Ferrier debout à côté de ce piano à queue.
La promenade sur les remparts est invitation à se souvenir de sa fin tragique, car comment oublier qu'il s'y est jeté un jour de mars 1955.
Le concert. Nicolas de Staël. 1955
Je ne voudrais pas passer sous silence, la journée à l'Île Saint-Honorat. Arrivés un peu par hasard pour l'eucharistie quotidienne, le ton monastique est donné : calme et spiritualité offerts par la nature et les chemins
qui sillonnent l'Île en tous sens. Paradis pour les moines et les oiseaux, mais aussi pour les voyageurs d'un jour...
Enfin, le sentier des douaniers offre certainement la plus belle de ses promenades côtières. La mer qui est là, entre le plus proche et l'horizon, un peu démontée ce matin-là. Quelques heures de marche où éviter les embruns tient par moments et de l'acrobatie et du calcul ! Les rires ne manqueront pas.
..Nouveau regard..........................................
À gauche : Rebouchage sur un mur au 228-230 rue Lecourbe 75015 Paris.
(2025)
À droite: œuvre de Chilida- estampe - 1973
....Mars.................................
Après-midi du mercredi 12 mars, Musée de Zadkine.
Voilà un petit musée à découvrir... Il ouvre sur le jardin du Luxembourg et se cache derrière les murs des immeubles de la rue d'Assas du 6ème arr. de Paris. Au fil des années, avec ses expositions médiatisées, sa renommée dépasse largement son petit jardin et l'atelier-maison d'Ossip. Pour nous, occasion d'y retourner après la belle expo de Chana Orloff, attirés que nous étions par la relation qui pouvait exister entre Modigliani et Zadkine.

Découverte d'un amitié féconde entre ces deux hommes, mais une relation brève, car la Première Guerre mondiale viendra l'interrompre dès 1914.
Nous qui aimons particulièrement ce quartier de Montparnasse, c'est avec un peu d'imagination, que l'on ressent la présence des fantômes de ces artistes, arpentant, carnets de croquis sous le bras, les trottoirs proches de La Rotonde ou de la Coupole.

https://www.zadkine.paris.fr/expositions/modigliani-zadkine
..Nouveau regard...........................................

À gauche : composteur obsolète de la Sncf (2018)
À droite : Tête cycladique. 3000 ans av.J.C. (Musée de Madrid)
....Avril................................
Angers, que je croyais posé sur les bords de la Loire comme Orléans, ma ville de jeunesse, est en fait sur la Maine, rivière paisible qui se jette plus au sud dans la Loire.
Angers en trois jours. Découvrir son architecture des années 30-50 où la mosaïque joue ses harmoniques de couleurs et de dessins sur les façades des maisons plus ou moins modestes. Tout une époque !
Angers, la ville de la tapisserie. Elle abrite dans l'ancien hôpital Saint-Jean, magnifiquement rénové, le Chant du Monde. Ensemble de tapisseries, dont les cartons réalisés par Jean Lurçat, furent tissées vers 1957 et ce, en une dizaine d'années par trois ateliers. Je me souviens avoir étudié cet ensemble de tentures, il y a plus de cinquante ans, en terminale. Le souvenir restait encore bien vif, mais face à la réalité
de l'œuvre déroulée sous mes yeux, je mesurais encore la chance de cet enseignement inestimable que nous avions reçu. Je décryptais facilement, après tant d'années, le message symbolique et poétique de cette tapisserie, vision toujours actuelle pour l'homme de notre temps. Je retrouvais facilement les personnages et les allégories travaillés à l'époque.
Tapisserie encore avec l'ensemble du grand cycle de l'Apocalypse, où des heures ne suffiraient pas pour en déchiffrer tous les détails. Là aussi que de souvenirs !
Tapisserie toujours. Le musée proprement-dit avec les œuvres de Thomas Gleb (1912-1991) artiste d'origine polonaise. Je découvrais de visu ses œuvres pour la première fois. Rien à voir avec les reproductions en cartes postales que je collectionnais étant gamin. Ses tapisseries « blanc sur blanc » m'impressionnent le plus, une véritable contemplation devant cette laine écrue, épaisse, ces rythmes de points divers rehaussés parfois de quelques fils d'or. La Bible est là comme source inspirante et brodée.
La coupe d'Eliahou 1978
Signature de Gleb
..Nouveau regard.......................................
Escalier d'eau à la Fondation Vuitton.
Pierre Soulages - Ultranoir -( juillet 2020)
....Mai..................................
Voyage en Écosse. Nous n'avons pas rencontré le Monstre du Loch Ness... Vous vous en doutiez un peu. Je vous laisse rejoindre le blog que j'avais écrit à notre retour d'Edimbourg.
..Nouveau regard....................................

À gauche : extincteur (2025)
À droite : Ibis rouge de Guyane
....Juin ..................................
Après la maison Van Doesburg, en janvier, nous apprenons la réouverture de la maison de Jean Lurçat, dans la tranquille petite Villa Seurat au cœur du 14ème arr.
Construite par André Lurçat, à l'intention de son frère de Jean, entre 1924 et 1927, (Jean Lurçat, le grand restaurateur de la tapisserie au siècle dernier), cette maison vient de vivre une très grande campagne de rénovation. Elle a retrouvé son état initial, entrée, cuisine, chambres, salon.... On la visite du jardin au dernier étage !
(Visite facile par petits groupes sur réservation.) Des expositions temporaires, aussi.
Un jour d'été, quand le soleil darde sur les murs blancs de ces nombreuses maisons-ateliers construites pour des artistes, voilà un excellent but de promenade. Je pense en particulier à l'atelier de Chana Orloff (qui se visite aussi), à ceux de Marcel Gromaire, ou de Goetz.... Il règne là, dans cette rue encore pavée, une atmosphère du Paris des années 30. Allez-y ! Vous ne serez pas déçu !
https://www.maisonatelierlurcat.fr/
..Nouveau regard.......................................

À gauche : Vase maya
(Musée du Louvre d'Abou Dhabi)
À droite : Tintin (Lotus Bleu)
....Juillet...............................
Chaque année, l'Auvergne nous retrouve. Terre des ancêtres, terre sévère et boisée des monts du Forez et de la plaine du Livradois. Pour y aller ou en repartir, les chemins détournés sont les meilleurs, et les trésors cachés de la France secrète ne manquent pas de surprendre.
À l'aller, nous prolongeons nos souvenirs d'Écosse par un rapide week-end à

Aubigny-sur-Nère, en Sologne. En effet, chaque année, la ville retrouve les racines de son histoire unique où durant 250 ans, elle fut la seule ville écossaise en terre française. Cornemuses, défilés et autres animations donnent un ton folklorique et fort convivial.
Le kilt serait de rigueur !
Le hasard des routes de Sologne fait bien les choses : un passage matinal à la Galerie Capazza, voulue par ses propriétaires comme un lieu unique d'expositions dans cette région, ce qu'il est véritablement. Pour s'y rendre, il demande à emprunter le chemin des écoliers avec la célèbre Nationale 20 ! Ce matin-là, nous sommes les seuls à la première heure !
En juillet, Goudji, orfèvre bien connu, est à l'honneur dans les immenses écuries du château de Nançay, magnifiquement restaurées. Près d'une centaine de pièces toutes aussi étonnantes les unes que les autres alliant l'or, l'argent et les pierres semi-précieuses. Sans oublier Edmée Delsol, Emili Biarnès, Claude Chamy, tous céramistes et le maître verrier Étienne Leperlier.
https://www.galerie-capazza.com/fr/38_goudji
Galerie Capazza - Nancay
Au retour. Le goût des vieilles pierres et des monuments oubliés nous conduisent par des chemins que le GPS a dû mal à trouver. Heureusement les bonnes vieilles cartes ont encore quelque utilité !
Le prieuré roman de Villesalem, filiale de Fontevraud, construit vers 1109 est parfaitement restauré au cours de ces dernières années. Il devient un émerveillement pour les visiteurs. Les moines recherchaient un lieu de solitude, et Dieu s'il l'est encore aujourd'hui !
L'abbatiale du Moutier d'Ahun, dont on se demande comment les exceptionnelles boiseries baroques ont réussi à traverser les siècles. Feuilles d’acanthe, tournesols, vignes chargées, chênes, oliviers et amandiers servent d’abri à une riche faune
locale ou plus inattendue ! Sans oublier les miséricordes des 26 stalles qui révèlent les visages des sculpteurs, des moines ou encore des enfants du village figés ici à jamais...
La crypte préromane de l'église d'Ahun, à quelques kilomètres de la précédente. conserve encore précieusement le tombeau de Saint Sylvain. Impérativement à admirer : La crypte et sa forêt de piliers.
Enfin, le voyage se referme sur quelques châteaux dignes de la Belle au Bois-dormant : Villemonteix, Chantemille, Guillaume, Romefort...
Château de Villemonteix
Château de Romefort.
..Nouveau regard......................................
Emballage carton d'ordinateur ! (2024)
Village de terre au Sud Maroc (2008)
....Août..................................
Quel point commun pourrait-il y avoir entre "Au revoir les enfants" de Louis Malle et "L'évasion de Louis XVI" d'Arnaud Sélignac ? Ce sont des films, me direz-vous... ! Précision : des films tournés dans la ville de Provins.
Provins, distante d'une grande heure de Paris. Cela valait bien une visite quand les aoûtiens fréquentent les bords de mer. Invitation à prendre de temps en temps les contre-courants.
Nous souhaitions percer quelques mystères de cette ville, qui dès le Moyen-Âge rivalisait avec Troyes et Lagny pour leurs célèbres marchés. Nous n'avons pas été déçus. Ville haute et ville basse : Que de marches pour rejoindre l'une et l'autre et se rendre compte que la première offre toutes les caractéristiques de l'immuabilité du Temps en ses murs, tandis que l'autre semble plus adaptée aux heures actives de notre siècle.
Au passage, on ne regrette pas la visite de la Tour César, mais plus encore -passage obligé- celle du prieuré de Saint Ayoul et de ses vitraux contemporains d'une rare qualité sans oublier l'étonnant tympan revisité par l'artiste Jeanclos. Une confrontation de styles particulièrement réussie. Enfin sur les hauteurs de la ville, l'immense église Saint-Quiriace. (Si vous avez une voiture, n'hésitez pas une seconde à vous lancer dans road trip des églises du provinois gothique, elles sont nombreuses et plus belles les unes que les autres.)
Tympan de Jeanclos au prieuré de St-Ayoul Vitraux de Udo Zembok au prieuré de St-Ayoul
Église St-Quiriace (extérieur) Église St-Quiriace (intérieur)
On pourra se laissera tenter par les exhibitions des aigles et autres vautours, au dessus des remparts du château, qui s'amusent à frôler votre tête à chacun de leurs passages.
..."autre rencontre "...........................................
Les rues de Paris réservent parfois des surprises. Ce n'est pas la première fois que nous nous en apercevions. Les gens jettent, abandonnent, oublient...
Il suffit d'être là au bon endroit et au bon moment, car les « belles » occasions se font rares, mais elles peuvent vous surprendre. Ce 2 août, derrière un abribus, proche de Montparnasse, je vois un coffre sur le trottoir... et quel coffre, aux larges proportions (70 x 40 x 35), pesant une bonne vingtaine de kilos, (mais sans lingot à l'intérieur) cerclés de fer sur des âmes en bois ! Nous en sommes les premiers étonnés, nous sautons alors du bus dans lequel nous étions et reprenons celui du retour chargés de notre butin avec le satisfecit du chauffeur! Depuis, mais sans aucune certitude, nous avons une vague idée de sa provenance et de son siècle de fabrication... mais le débat reste ouvert à toutes autres propositions personnelles.
L'an dernier nous avions découvert sur (et non, dans) une poubelle dans le Marais cette jolie console XVIIIème, montée en lampe qui ne demandait qu'à retrouver son emploi premier.... (J'en passe et des meilleurs...) Nous pourrions presque ouvrir un magasin d'antiquités
Alors ouvrez grand vos yeux !
Petite console XVIIIème (45 cm de haut)
..Nouveau regard......................................
À gauche : vélodrome de Marseille
À droite: Clarisse Rogier - Rubens
....Septembre............................
Quelques jours dans le domaine du Marquenterre, situé en Baie de Somme, offrent un moment rare où la nature et les oiseaux sont au rendez-vous !
L'avocette élégante, l'huîtrier pie, le fuligule milouin et la grue cendrée n'auront plus de secret pour vous. Cachés dans des abris espacés sur un parcours balisé, nous attendons avec patience. L'œil est en attente du prochain envol. Quel est le nom de cet oiseau dont on n'aperçoit que la tête ?
Impossible de citer tous les lieux où l'on va à la rencontre de l'Histoire, qu'elle soit petite ou grande, qu'elle soit religieuse ou profane. Et là, je pense aux abbayes de Saint-Riquier et à celle de Valloires et son poirier centenaire, sans oublier ses superbes jardins.
Je pense aussi au cimetière chinois de Nolettes, totalement perdu dans les champs, où sont enterrés 157 chinois venus en France lors de la Grande Guerre. Enfin, l'église du Saint sépulcre d'Abbeville dont l'ensemble des vitraux furent dessinés par le grand Manessier. Heureusement, entre deux nuages, le soleil pointait son nez sur l'un d'entre eux...
Le rêve éveillé de ces quelques jours fut la traversée de la Baie de Somme entre Saint-Valéry et le Crotoy. L'aventure se fit sous la houlette d'un excellent guide, car il vaut mieux éviter les sables mouvants...
Trois heures de promenade entre vases et mollières à travers une des 30 plus belles baies du monde.... Nous partageons amplement cet avis. La traversée se fit sans chute pour nous, ce qui ne fut pas le cas de toutes les personnes dans le groupe qui cheminait avec nous. Certains sont rentrés plus crottés qu'ils n'étaient partis..
Jeux entre l'eau et le sable. Manessier a réalisé de très belles aquarelles de ces méandres aqueux.

..Nouveau regard............................................

À gauche : Peinture
de Pierre Pincemain
Sans titre - 1976
À droite : Murs en
destruction lors de
la restauration
de la Samaritaine à Paris
....Octobre...............................
Willis Wine Bar... J'ai partagé, il y a deux mois, sur ce blog notre aventure du restaurant qui voulait son affiche pour l'année 2025-2026 ! Une rencontre d'exception autour d'une belle table !
Version n°2, double carton - 2025 Coll. part.
http://dominiquefournier.hautetfort.com/archive/2025/07/29/affiche-du-willi-s-wine-bar.html
..Nouveau regard............................................
Vol d'étourneaux 
dans le ciel de
Paris. (2024)
Encre sur papier de Pierrette Bloch
N°730 - 1975
....Novembre............................
Finir l'année la tête dans les étoiles. La construction de la Tour Triangle dans notre arrondissement avance à grands pas ! Toujours plus haut ! Les hommes veulent-ils rééditer le mythe de la Tour de Babel ? (J'ai planché, il y a de nombreuses années, sur ce mythe en théologie biblique !) Qu'en retenir ? Mouvement d'orgueil ? Paris avait-il besoin d'une nouvelle tour aussi haute en son sein ? La question ne date pas d'aujourd'hui...

Toujours plus haut ! Toujours plus haut !
La perspective de la rue de Rennes, occultée par la tour Maine-Montparnasse ne suffisait-il pas pour qu'à présent celle de la longue rue de Vaugirard le soit à son tour !

Rue de Rennes (à gauche) et rue de Vaugirard (à droite).
Promis. Je vous en dirai un peu plus l'an prochain, à la même période !
..."autre rencontre".....................................
Myriam Waintraub. Ce nom ne vous dira sûrement rien. C'est est tout à fait normal... Il ne me disait rien non plus, il y a un an encore, avant que je ne découvre qu'il s'agissait d'une petite fille, une petite voisine déportée avec sa maman et ses grands parents vers Auschwitz en juin 1943.
Au départ de cette aventure, la lecture de deux livres que je vous recommande : Dora Bruder de Patrick Modiano (Gallimard) et Retrouver Estelle Moufflarge de Bastien François (Gallimard).
*
Myriam, cette petite voisine, avait un an.
Un peu curieux de vouloir en savoir plus : Qui était donc Myriam, née d'un père inconnu, fille de Rachel, fille de David et Clara, dont le nom est inscrit sur une plaque mémorielle du jardin A. Chérioux, parmi seize autres noms d'enfants*?
Quel était son paysage familial, sa mère, ses grands-parents, ses oncles et ses tantes ? Une histoire qui plonge ses racines dans la Roumanie du XIXème siècle avant leur arrivée en France pour échapper aux pogroms qui ravagent Iassy, leur ville d'origine.
Une longue enquête généalogique commence. Je cherche... je trouve... je cherche encore... j'élabore des arbres, une forêt de noms, forêts dans lesquelles j'ai l'habitude de bûcheronner depuis bientôt trente ans.
Les arrestations, la déportation vers les camps n'ont pas épargné de nombreux membres de cette grande famille. Certains reviendront ; d'autres, malheureusement, vivront un aller sans retour.
Et Myriam...
Un matin de ce 15 décembre 1942, la police est venue les arrêter, voici l'enfant serré contre sa mère et le grand-père une valise à la main suivi de son épouse ... dénoncés, qui sait ?
Je me refais le film et pourtant ce n'en est pas un... L'hiver 42 était froid, très froid même, les voilà en route pour Drancy où ils resteront six mois.
J'imagine cette scène terrible chaque fois que je passe devant la porte de leur immeuble...
*
Mes pas m'ont ainsi conduit au cours de cette année du Mémorial de la Shoah aux Archives de Paris, des Archives Nationales à celles de la Préfecture de Police de la ville de Paris... sans parler des cimetières de Bagneux et de Montparnasse...
L'histoire aurait pu s'arrêter là... entre deux tombes de ces cimetières. Tout simplement.
Mais les hasards de ce « travail de mémoire », dopés d'un peu (restons modeste) de perspicacité de ma part, me permettent d'entrer en relation avec deux descendants collatéraux de cette famille. Je leur partage mes recherches.
Les remerciements qu'ils m'adressent me touchent. C'est ainsi qu'au fil des mois, une amitié nouvelle et vraie s'est tissée grâce à notre correspondance échangée. À leur grande surprise, ils découvrent des pans inconnus de leur famille. Ainsi des noms et des prénoms surgissent, de ceux que leur mémoire n'avait pas complètement effacés, et qui retrouvent alors une place plus précise dans la nébuleuse familiale... Ils en découvrent d'autres, des noms qui ne leur disent rien, totalement inconnus. Il en est ainsi des familles nombreuses que la vie a éparpillées aux quatre coins de France.
Pour conclure, une possible rencontre l'été prochain sous le soleil de Dordogne...
* Un jardin, dans chaque arrondissement de Paris, a inauguré depuis quelques années une stèle où sont inscrits les noms de très jeunes enfants juifs non-scolarisés.
..Nouveau regard............................................

Piliers du cloître du Mont-Saint-Michel
Forêt de Farges en Auvergne
....Décembre.............................
C'est dans le cadre un peu surréaliste de la cité de l'architecture & du patrimoine que se tenait cette exposition de Fabienne Verdier. L'art roman des chapiteaux et des tympans dialogue avec cette rétrospective de quarante toiles de son œuvre (1996 - 2024). On ne présente plus cette artiste. Ces toiles, à nulle autre pareille, signent à elles seules son expression calligraphique.
Très gestuelle dans sa démarche, elle ouvre vers un silence qui interpelle le spectateur en un lieu si différent d'une galerie parisienne.
Ne gardons que "certain" silence en mémoire, le lieu lui-même y invite aussi par sa taille et sa grandeur. La relation entre les monuments et les toiles est intéressante, la rencontre de deux spiritualités autorise un bel échange.
Déambulons en oubliant le verbiage de présentation qui m'a fait un peu sourire...
« Voir ces tableaux comme les émissaires d'une éloquence silencieuse » !
ou encore «Éprouver la vitalité silencieuse », et enfin « le mutisme mutant des œuvres de Fabienne Verdier. »
Je vous recommande particulièrement la lecture de son livre Passagère du silence - 10 ans d'initiation en Chine aux éditions Albin Michel, un témoignage rare d'une aventurière qui voulait se mettre à l'école des anciens professeurs chinois enseignant l'art si difficile de la calligraphie.
.....................Bonne année à toutes et à tous ! .............
Achevons cette année en musique. De Jean Cras (1879 - 1932), officier de marine et compositeur, que j'ai découvert pendant mes dernières années Procure, voici une œuvre délicate pour piano extraite des Poèmes intimes :
Une belle invitation impressionniste au voyage vers les terres du Grand Nord.
En Islande. au piano Jean Pierre Ferrey (Cd Timpani)
Commentaires
Belle année 2025 remplie de bonheur et de joie d'avoir sillonné ll France et l'Europe. Que 2026 soit une année de découverte !!! Bien affectueusement Brigitte et François